Aït Melloul : le premier ministre PJD éclaboussé par une affaire immobilière

Député d'Inezgane durant dix ans, de 1997 à 2007, l'actuel premier ministre marocain, Saâd Dine El Othmani, secrétaire général du PJD (islamiste modéré), est éclaboussé par une affaire immobilière qui a pour cadre la commune urbaine d'Aït Melloul, située juste à côté d'Inezgane. Les faits sont révélés notamment par Maroc Hebdo. Ils jettent une lumière crue sur la prétendue intégrité qu'annonçaient incarner les islamistes modérés, touchés par de multiples scandales et de vives critiques touchant leurs compétences, dont le maire d'Agadir Salah El Malouki. Saâd Dine El Othmani et ses frères avaient cédé à la commune d'Aït Melloul, détenue par des représentants du PJD, un terrain de 27'000 mètres carrés en vue de la construction d’équipements communaux. Mais, aux yeux des frères El Othmani, l’accord est devenu caduc. Les héritiers de ce bien foncier ont alors construit sur ce terrain un lotissement sous le nom de Tikemi Lkhir. Toutefois, selon un document référencé 2499 du 9 juin 2020 de l’Agence urbaine de d’Inezgane-Aït Melloul, cette surface continue bien d’appartenir à la commune. Magouilles Sur la base de ce document, le président de la commune par intérim, lui aussi du PJD, est venu au secours du premier ministre et de ses frères, en décidant de suspendre l’accord préalablement signé avec les héritiers El Othmani. Et le tour était ainsi joué... Reste que, jusqu'à un jugement judiciaire, le premier ministre bénéficie de la présomption d'innocence. Le sel de l'histoire provient du fait que ledit président intérimaire a dû remplacer l'ancien président, El Houcine El Asri, démis de ses fonctions en début d'année par le Tribunal administratif d'Agadir, en raison de... magouilles immobilières, à savoir "violations avérées de la législation de l’urbanisme" ! L'ex-président a été condamné en compagnie de deux coreligionnaires politiques, son troisième adjoint, Ahmed Enjiri, chargé des questions de l’urbanisme, ainsi que d’El Houcine El Aouni, qui présidait aux destinées de la Commission de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et de l’environnement. D'autres scandales Parmi les multiples scandales qui atteignent ces derniers mois le PJD, le plus retentissant a consisté en la non-déclaration d’employés des cabinets d’avocats de deux ministres du parti à la lampe, et non des moindres : Mustapha Ramid, ministre d’Etat chargé des droits de l’homme, et Mohamed Amerkaz, ministre de l’emploi. Autre dimension : selon L'Observateur, à Settat, ville située entre Casablanca et Marrakech, des élus du PJD, dont le président de la commune, sont accusés de créer des amicales de logements pour détourner l’argent des adhérents. Un des adhérents, victime de ce racket, affirme que les frères du PJD ont ainsi raflé la somme astronomique de 500 millions de dirhams (50 millions d'euros). D'après lui, le PJD recourt à ces méthodes pour se constituer un trésor de guerre en vue des campagnes électorales à venir, lors desquelles il risque gros. Les besoins de ce parti seraient considérables, dès lors qu'il distribue des sommes énormes sous forme d’«aides sociales» aux électeurs, qui n'ont évidemment rien à voir avec les bulletins de vote de ces derniers... Aux dires du dénonciateur cité par L'Observateur, le premier ministre El Othmani, l'ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, et l'inénarrable Mustapha Ramid seraient tout à fait au courant de la pratique dénoncée. La justice en a été saisie.

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