Aventurier-poète avant le tourisme de masse, Michel Vieuchange y laissa sa peau en 1930

Qui était Michel Vieuchange, que l’Institut français d’Agadir a honoré en baptisant sa médiathèque de son nom ? C'était un aventurier français de 26 ans qui, en 1930, c'est-à-dire sous le Protectorat, partit au fin fond des étendues désertiques alors interdites. Le tourisme n'existait pas et son aventure était insensée. "Poète de l'errance", l'explorateur recherchait la mystérieuse ville de Smara, incendiée 17 ans plus tôt par une colonne militaire française. A l'époque, les chemins sont malaisés, surtout lorsqu'on avance en babouches... C'est une réelle aventure, pleine de dangers pour un étranger, que de se risquer dans ces territoires. De Mogador à Smara Parti de Mogador, aujourd'hui dénommée Essaouira, Michel Vieuchange, qui a le désir d''être avant tout un "homme d'action", se dirige par l'oued Massa jusqu'à Tiznit. Pour éviter d'éveiller les antagonismes, il est déguisé en femme berbère. Un petit groupe d'amis marocains l'accompagne. Son frère Jean, qui l'a rejoint, assure les arrières en cas de blessures ou de capture. L'explorateur franchit l'Anti-Atlas et parvient jusqu'au douar de Tiglit, au sud de Guelmin. Le parcours devient toutefois rapidement un véritable calvaire. Michel Vieuchange s'épuise. La nourriture avariée et l'eau impropre à la consommation le font tomber malade. Dissimulé dans un couffin de vannerie destiné au commerce du sucre, il parvient néanmoins à Smara le 1er novembre 1930. La ville rêvée se révèle être... une étendue quasiment vide, une "cité du mirage". Sur le chemin du retour, Michel Vieuchange est soigné à Tiznit, dans un dispensaire. Il meurt de dysentrie à la fin du mois de novembre 1930 à Agadir et est enterré au cimetière chrétien de cette ville. Le poète Préfacées par Paul Claudel, les carnets de route de ce "fou du désert" furent publiés deux ans plus tard. On y découvre un poète dont la sécheresse de l'écriture est réduite à l'essentiel et donne un caractère inoubliable à son aventure ultime. Ainsi que l'écrit le site Babelio, Michel Vieuchange décrit dans ses carnets les nuits passées au fond du désert, les campements balayés par le vent, les oasis inespérées, les rencontres inquiétantes ou fraternelles autour d'un feu de broussailles, la découverte émerveillée de cités enterrées. mais aussi la soif ardente, les blessures lentes à se cicatriser, la menace des pillards et des mauvais compagnons de route prompts à vendre ou à égorger le voyageur sans défense - et pour finir, l'épuisement, la maladie, la mort. Pour Babelio, rarement le désert n'avait été décrit, célébré, avec cette âpreté, cette violence - et cette poésie. Un livre signé Antoine de Meaux est consacré à la vie et à la mort de Michel Vieuchange sous le titre "L'ultime désert". Smara aujourd'hui Aujourd'hui, la route pour se rendre à Smara traverse toujours des contrées superbes. Elle est facilement praticable. La bourgade elle-même se présente comme une banale ville de garnison. Seul, à l’entrée de la ville, subsiste encore le site historique du vieux Smara : la coupole qui renferme une salle de réception et la mosquée atteintes en 1930. Le nom Smara désigne par ailleurs un des quatre camps de réfugiés sahraouis installés par l'Algérie à Tindouf. Le conflit du Sahara occidental, qui oppose le Maroc au Front Polisario soutenu par l'Algérie, engendre ici son lot de malheurs. Le Royaume, pour sa part, ne cesse de dénoncer ces "camps de la honte". En 1979, Smara a été le théâtre d'une bataille ayant opposé le Front Polisario et les Forces royales marocaines. Ces dernières parvinrent à repousser les indépendantistes.

Renseignements complémentaires sur le riad  : +41 79 240 26 32

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