Figure truculente du vieil Agadir, Dédé la Sardine a passé l'arme à gauche

Connu sous le surnom de "Dédé la Sardine", qui dit toute la truculence et la dimension aventurière du personnage, André Guelfi vient de mourir à l’âge de 97 ans. Citoyen français né à El Jadida (Mazagan), "Dédé la Sardine" a laissé une forte trace à Agadir. Son surnom lui vient de son investissement dans la pêche gadirie à la sardine. C'est lui qui mit au point les premiers bateaux-usines qui industrialisent cette activité. Dans les années cinquante, Agadir s'enorgueillissait d'accueillir un Grand Prix international de vitesse, Grand Prix de Formule 1 de l'époque. La première édition s'est déroulée en 1951. Le départ était donné sur l'actuelle avenue Mohammed-V. Vainqueur du Grand Prix d'Agadir 1953 André Guelfi brillait sur les circuits automobiles. Il remporta le Grand Prix d'Agadir 1953, y ayant porté un casque aux couleurs marocaines (photo ci-dessus). Sa passion pour les courses automobiles, il l'avait développée durant la Seconde guerre mondiale, alors qu'il était incorporé comme chauffeur dans un régiment de tirailleurs marocains. Une destinée hors du commun Play-boy, Dédé la Sardine connut une destinée hors du commun dans le monde des affaires lui qui, à dix ans, montrait déjà des prédispositions en conduisant les touristes en auto sur la plage. En 1971, André Guelfi fonce dans l'immobilier à Paris, en rachetant trois palaces. Son savoir-faire et ses relations personnelles lui permettent d'acquérir plus de 100 immeubles dans la Ville lumière. Quatre ans plus tard, il s'arrête en Suisse, à Lausanne, dans une maison de maître qu'il revendra plus tard au Comité international olympique (CIO). Il rachète le Coq sportif et se lie d'amitié avec Juan Antonio Samaranch, président du CIO. Ces péripéties, il les raconte dans une autobiographie nommée "L'original". Dossiers troubles Etait-ce son ascendance corse ? Toujours est-il qu'intervenant en qualité d'intermédiaire rémunéré en vue de l'obtention de grands contrats internationaux, il est mêlé à des dossiers troubles, comme le financement illégal de la CDU allemande. S'étant toujours présenté comme l’un des personnages clés ayant permis à la Russie d’obtenir les Jeux olympiques de 1980, "Dédé la Sardine" a raconté comment Elf a refusé de le dédommager à la suite de la conclusion d'un contrat de vente de pétrole pourtant très avantageux pour ce groupe. L'affaire occasionne à André Guelfi une condamnation à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et une amende de 1,5 million d’euros. L'ancien pilote rencontre alors Bernard Tapie dans les couloirs de la Santé. Mauvais tour joué à Françoise Sagan Quelques années plus tôt, en 1991, André Guelfi propose un marché à une autre proche de François Mitterrand. Françoise Sagan l'accepte, séduite par le romanesque des truands. L'écrivain intervient en faveur d'Elf auprès de son ami le président de la République. En échange, on ne lui facture pas des travaux importants dans son manoir normand du Breuil et elle ne déclare pas ce cadeau au fisc. Lorsque l'affaire Elf éclate, Dédé la Sardine balance Sagan, et le fisc la rattrape... Pour l'auteur de "Bonjour tristesse", la sentence est sévère. Tous ses biens sont vendus, jusqu'à ses bijoux. Vu son âge avancé... Finalement, dans l'affaire Elf, le tribunal décide de ne pas réincarcérer "Dédé la Sardine", vu son âge avancé. De même, André Guelfi est relaxé dans l’affaire de la société Technip qui obtint, grâce à ses bons services, la construction d’une raffinerie en Ouzbékistan. Récemment, son nom avait été cité par "Le Monde" dans l’affaire des "Panama Papers".

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