Vala Wind, orchestre de Taroudant qui fait de la bonne musique et rend hommage à sa ville

Voilà de la bonne musique ! C'est celle du groupe Vala Wind. Regardez et écoutez la vidéo ci-dessus. Comme son nom l'indique, cet orchestre vient de Taroudant. Vala est en effet l'ancien nom de la ville aux murailles. Bien que ce rappel ne plaise guère aux partisans purs et durs de l’identité arabo-musulmane, la plupart des historiens sont d'accord sur le fait qu'il y a près de 2000 ans, Taroudant portait le nom de Vala. Ce nom proviendrait de celui d'une Romaine ou d'une Syrienne déifiée, représentant la beauté. Une autre hypothèse prend naissance dans la signification du nom romain "vallum", qui devient "valla" au pluriel, et qui fait référence à un type de palissade dans le système de défense de l'Empire romain et qui signifie "rempart", "fortification", "camp retranché". La présence romaine dans l'actuel Maroc fut importante, surtout au Nord. Les ruines de Volubilis, situées près de Meknès, sont là pour en témoigner avec éclat. Située au sud de la Maurétanie tingitane, qui passa sous administration romaine directe à la fin du règne de Caligula, Vala se trouvait dans la zone des Gétules. Selon les hypothèses les plus vraisemblables, c'était un avant-poste fortifié de l'armée romaine en plein territoire ennemi. Les Berbères qui le peuplaient étaient encore largement nomades et se livraient à une lutte sans merci contre les Romains. Dans une communication à l'Académie des inscriptions et belles-lettres du 23 mars 1900, le militaire et explorateur René de Segonzac décrit son "Excursion dans la vallée de l'Oued-Souss". On y lit qu'il y a plus d'un siècle, les Berbères se souvenaient encore de nombreuses constructions romaines, en particulier de ponts, de colonnes et d'aqueducs, dans la région de Taroudant, mais aussi à proximité de l'actuelle Ouled Teima (Houara), et notamment à Gffifat, à proximité du Jardin aux Etoiles (Douar-El Kebir-Kefifat). Des fouilles archéologiques ont eu lieu récemment entre l'actuelle Taroudant et l'oued Souss (asif Tifnout en berbère). On n'en connaît pour l'heure malheureusement pas encore les résultats. Vala est populaire Quoi qu'il en soit, il est significatif que le nom "Vala" soit toujours populaire à Taroudant. Réalisée par Toufik Elhayani, une vidéo de présentation de Taroudant qu'on trouve sur Youtube s'intitule "Vala in motion" (voir notre vidéo). Une association nommée Opéra des arts d'expression a organisé dans la ville du Souss la première Rencontre Vala pour la danse et l'expression à destination des jeunes amateurs de hip-hop. Un restaurant situé à l'entrée de la ville se nomme Vala. Il est traditionnel et de relativement bonne qualité. Un magasin de fleurs et une société de construction portent aussi cette dénomination. Il en est de même d'une école Vala Dior privée de coiffure et d'esthétique. Sur Facebook, on trouve une Association Gnaoua Vala - Taroudant qui regroupe des musiciens traditionnels. A Agadir, une agence digitale a pris pour nom Vala Orange. Un musée ? Le nom Vala Wind n'est donc qu'un hommage parmi d'autres à l'extraordinaire et très riche histoire de Taroudant, que rien ne suggère malheureusement aux visiteurs pressés et qui mériterait tant un grand musée moderne, à l'image de celui que construit Tiznit. Mais qui en prendra l'initiative ? Fondé en 2011 par six jeunes musiciens de Taroudant, Vala Wind s'appelait à son démarrage Dark Street Band. Sa musique est originale et très séduisante. Elle est qualifiée de "pop énergique mâtinée d’influences issues des musiques traditionnelles, du reggae, du rock et du blues". Vala Wind joue fréquemment dans la région du Souss. L'orchestre se produira par exemple le 2 août 2018 au Croco Parc d'Agadir, lors de l'excellente initiative que constituent les "Nocturnes du jeudi".

Renseignements complémentaires sur le riad  : +41 79 240 26 32

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