Voyageuse impénitente, la célèbre écrivaine Marguerite Yourcenar séjourna à deux reprises à Taroudant, en 1981 et en 1987. Les deux fois, l'académicienne choisit le Palais Salam pour y résider. Un hôtel à sa dimension, romanesque au possible... Bien que la qualité des lieux soit tombée bien bas, ce qui empêche d'y résider, sollicitez le personnel de la réception et on vous montrera volontiers la chambre qui fut celle de la grande dame de la littérature française. Le premier séjour de l'écrivaine eut lieu du 5 au 11 mars 1981, juste après sa réception à l'Académie française en qualité de première femme Immortelle. Cette escale roudanaise s'inscrit dans le cadre d'un périple à travers l'Algérie, le Maroc, l'Espagne et le Portugal, effectué en compagnie d'un jeune compagnon, Jerry Wilson, qui devait disparaître quelque temps plus tard. Durant la semaine qu'elle passe dans l'ancienne capitale saadienne, l'écrivaine rédige la postface d'un de ses chefs-d'oeuvre, "Anna, soror...". Souriante, sereine et végétarienne L'auteur de "L'Oeuvre au noir" revient au Palais Salam six ans plus tard, en 1987, quelques mois avant sa mort. Cette fois, ses compagnons ont pour noms Christian Dumais-Lvowski, écrivain, et Saddri Derradji, photographe. Son voyage la mène aussi à Essaouira et à Fès. Il dure 12 jours. Dans leur livre "La Promesse du seuil", récit intimiste, Dumais-Lvowski et Derradji racontent que l'académicienne sortait généralement tôt le matin, ainsi que le soir, afin d'éviter les grandes chaleurs. Ils relèvent que l'écrivaine apparaît souriante et toujours sereine lorsqu'elle déambule dans le jardin de l'hôtel, même si elle se montre "inquiète du destin du monde". Saddri Derradji précise que Marguerite Yourcenar, qui avait l'âme écolo avant l'heure, caresse et embrasse fréquemment les animaux. Un soir, on lui propose d'assister à une fête religieuse musulmane, au caractère secret, qui se déroule habituellement hors des yeux des étrangers. L'académicienne est très attirée par cette proposition. Mais quand on lui annonce qu'elle aura à manger du mouton, elle décline l'invitation, assurant : "Les moutons, les moutons..., je les embrasse et je ne les mange pas". Les "Mémoires d'Hadrien" tournés à Ouarzazate Taroudant est une ville aux origines romaines : il y a 2000 ans, elle s'appelait Vala et constituait un poste avancé de l'armée de Rome. Par un curieux raccourci, il se trouve que le plus célèbre des romans de Marguerite Yourcenar, "Mémoires d'Hadrien", autobiographie fictive de l'empereur romain, destiné à devenir un film, a vu en 2009 une bonne partie des scènes être tournées à quelques heures de route de Taroudant, à Ouarzazate. Le réalisateur anglais John Boorman s'est attelé au pari risqué d'adapter le chef-d'oeuvre de la grande Marguerite. Il a fallu dix ans à l'auteur de "Délivrance", "Excalibur" et de "Rangoon" pour effectuer les recherches historiques nécessaires et réunir 60 millions de dollars. Rendez-vous avec une certaine actualité L’œuvre d’Hadrien trouve des résonances dans une certaine actualité puisque l'empereur décida de retirer ses troupes de la Mésopotamie (l’actuelle Irak) de peur de provoquer la chute de l’Empire. Ironie du sort, en dépit de sa sage gestion, c’est à partir de cette époque que l’inexorable déclin de Rome commence. Le parallèle avec les Etats-Unis saute aux yeux. Daniel Craig, qui a redonné du coffre à James Bond 007, devait interpréter l'empereur romain et son amant Antinoüs être incarné par Charlie Hunnam. Mais, d'après nos recherche, le film n'est jamais sorti sur les écrans.

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