Taliouine : kasbah du Glaoui, safran et agadir

Située au point de jonction de l'Anti-Atlas et de la chaîne de l'Atlas, dans la partie la plus élevée de la Vallée du Souss, la localité de Taliouine figure parmi nos coups de coeur pour deux raisons. D'abord en raison du haut intérêt architectural et historique de la kasbah du Glaoui, ex-Pacha de Marrakech, malheureusement en ruines. Ensuite parce que que Taliouine est la capitale marocaine du safran.


Des coopératives cultivent jalousement cette épice dans un cirque naturel de toute beauté, installé à un peu plus de 1'000 mètres d'altitude.

 

Un but d'excursion très dépaysant ! Prévoir une journée, en couplant ces visites avec celle de la coopérative d'huile d'argan proche d'Ouled Berhil ou une halte à Taroudant.

 

La kasbah du Glaoui à Taliouine menace ruine

La meilleure route pour se rendre à Taliouine depuis votre riad en location consiste à prendre la direction de Taroudant, puis la route de Ouarzazate, par la route sud de la Vallée. Il faut traverser la bourgade de Taliouine, assez allongée, puis en sortir, avant de parvenir à la kasbah du Glaoui, qu'on voit loin, à droite, mais qui n'est indiqué par aucun panneau de direction !

 

Traître ou pas ?

 

Le Glaoui ? Un personnage politique marocain de toute première importance au 20e siècle. Pour faire simple, le Glaoui, chef de la tribu glaoua du sud-est de l'Atlas, accéda jusqu'au rang de pacha de Marrakech. Mais, lors des événements qui conduisirent à l'indépendance du Maroc, il perdit la lutte d'influence qui l'opposa à la famille royale alaouite, avec la France au centre de l'échiquier.

 

A tort ou à raison, il passe pour un traître à son pays, ayant trop pactisé avec les Français du Protectorat. Ses biens furent confisqués au profit de l'Etat ou de la famille royale, cela n'est pas clair. Aujourd'hui encore, les Marocains n'en parlent qu'avec une certaine prudence, pour les plus informés...

 

Résurrection politiquement pas correcte ?

 

Quoi qu'il en soit, le Glaoui a laissé un palais à Taliouine qui se trouve aujourd'hui en état de ruine partielle, à l'exemple de plusieurs autres kasbahs, comme celle de Telouet. En forme de carré massif, l'ensemble architectural de Taliouine est sublime. Il mériterait une rénovation urgente, le côté Est étant particulièrement délabré Mais peut-être cette perspective de résurrection n'est-elle pas politiquement correcte ? Dommage. On ne visite pas l'intérieur; les éboulis sont trop dangereux. Il est néanmoins loisible d'en faire le tour, de près. Attention toutefois à certains habitants irascibles ou... alcoolisés.

Une maison d'hôtes pour y déguster un tajine au safran

Il vaut pleinement la peine de frapper à la porte bleue de la maison d'hôtes installée à même le spectaculaire mur occidental. C'est un bonheur de parcourir le jardin, de visiter les chambres allongées qui montrent que l'on est bien en présence d'un vrai riad ancien, et de cheminer sur  toit, muni d'une balustrade. C'est de là que la vue est la meilleure sur la kasbah. Il faut enfin s'attabler pour le repas de midi, en ayant au préalable commandé le tajine au safran, un must à Taliouine.

 

Attention toutefois à ne pas vous faire arnaquer par une facture trop gourmande ! Marchandez le prix préalablement. Il peut aussi arriver que le patron soit dans un jour "sans"... et n'ait pas envie de vous servir ;-)

 

Des randonnées dans la région

 

Le propriétaire du riad s'est lancé dans l'organisation de randonnées à destination des touristes. A l'enseigne d'Escale Rando, il propose des découvertes d'un après-midi, voire de plusieurs journées.  

 

Autre adresse à conseiller : l'auberge Le Safran, à Taliouine même. 

Les filaments du crocus deviennent le safran                                         

 

Le safran de Taliouine est réputé pour être l'un des meilleurs du monde. Le climat convient en effet excellemment au crocus sativus, dont les femmes berbères récoltent les filaments du pistil dans les champs et qu'on sèche finalement. De nombreuses coopératives se sont créées, avec pignon sur rue au centre de la localité, et qu'on peut visiter. Les responsables y expliquent le grand travail nécessaire jusqu'à l'obtention de la qualité désirée. Vente du produit également.

 

Le safran de Taliouine est une pure merveille gastronomique. Le cuisinier Alain Alexanian a par exemple mis au point quelques alléchantes recettes, comme les côtes de cabri Paris-Taliouine ou la cassolette d'épinards aux oeufs pochés safranés. La glace au safran servie avec une tarte au pinot gris peut aussi faire merveille !

 

La Maison du safran

 

On visitera avec profit la Maison du safran, flambant neuve, initiée par le ministre de l'agriculture et ancien président de la Région Aziz Akhannouch, par ailleurs grand patron berbère et initiateur de manifestations comme le Concert pour la tolérance d'Agadir et le Festival des amandiers de Tafraout.

Le plus intéressant, le plus authentique, consiste toutefois à visiter les champs de crocus eux-mêmes. La récolte est effectuée en octobre-novembre. Apprenez-en plus en regardant la vidéo ci-dessous, tournée dans les champs de la coopérative Iguenaren. Pour visiter les champs de safran : souktanadusafran@yahoo.fr

Agadir d'Ifri                                       

 

A partir de Taliouine, visitons l'agadir (grenier collectif fortifié) d'Ifri. Cette curiosité authentique ne se trouve qu'à 20 minutes en voiture de la cité du safran.

Au contraire des igoudar (pluriel d'agadir en langue berbère) d'Imchguiguiln et d'Ikounka proches du Jardin aux Etoiles, celui d'Ifri n'a pas été construit selon un plan géométrique basé sur deux rangées parallèles. Vu la configuration montagneuse des lieux, il a été encastré sous un impressionnant abri sous roche. 

La route est facile jusqu'au village d'Ifri. Là, demandez à voir Aïcha, gardienne des clés, qui vous évitera de vous retrouver devant un grenier...  fermé.

La plupart des cases désaffectées

Admirons ptites portes dérobées, échelles, troncs de palmier sculptés ! La plupart des cases, que l'on peut comparer aux safes des banques modernes, sont aujourd'hui désaffectées. Certaines ont été creusées dans la falaise. D'autres se cachent au fond de couloirs souterrains.

 

La roche permettait d'y conserver dattes, figues, pains de sels au sec. Les Berbères y entreposaient aussi des objets plus précieux : peaux de mouton, armes, munitions, habits de fête ou encore titres de propriété.

Le site est magnifique. Il respire l'authenticité.

 
Deux heures de route depuis le Jardin aux Etoiles jusqu'à Taliouine en passant par la rive gauche du Souss
 
Comptez une vingtaine de minutes de route de Taliouine à l'agadir d'Ifri. 
 
 

Renseignements complémentaires sur le riad  : +41 79 240 26 32