Amtoudi, greniers uniques, construits dans la roche

Ce lieu est unique. L'oasis d'Amtoudi et ses deux greniers fortifiés construits dans la roche de l'Anti-Atlas suscitent l'admiration. Ces deux ouvrages très anciens ont été réhabilitée sous la direction de l'architecte-anthropologue Salima Naji, également à l'origine du renouveau du coeur de la médina de Tiznit. A 3 h 45 du Jardin aux Etoiles.

Le village d'Amtoudi, qui abrite quelque 300 familles, est enserclé de falaises impressionnantes. Palmiers-dattiers, figuiers, amandiers, abricotiers, oliviers et orangers côtoient de petits champs de maïs et d'orge, ainsi que des jardins potagers. Les habitants vivent principalement de cette agriculture. Amtoudi est une étape de notre périple jusqu'à Tarfaya intitulé Grand Sud : mer sublime.

 

Deux charmantes et simples maisons d'hôtes et un restaurant accueillent les visiteurs attirés par tant de beauté. Nous recommandons "L'ombre d'arganiers".  La maison d'hôtes Tigmi Bulbul est sujette à l'humeur changeante de son patron et de son cuisinier.

La présence humaine à Amtoudi remonterait à plus de 10'000 ans avant notre ère. Des gravures rupestres qu'on peut admirer au sud d'Amtoudi montrent des girafes et des éléphants. Peu après l'an mille après notre ère, ces populations se sont sédentarisées, d'où la construction de greniers fortifiés remontant à cette époque.

Deux agadirs survivants

 

Les greniers fortifiés de l'Anti-Atlas sont d'ordinaire construits dans des villages, comme ceux d'Ikounka et d'Imchguiguilm, parfois sur les hauteurs. Mais seuls ceux d'Amtoudi sont juchés au sommet d'une montagne rocheuse.

A l'origine, les alentours d'Amtoudi comptaient six greniers collectifs et fortifiés, destinés à conserver les biens des habitants, et en premier lieu les récoltes, ainsi que, en cas de danger, à servir de refuge.

 

Quatre d’entre eux ont pratiquement disparu, ne laissant apparaître que quelques pans de murs. Les deux autres ont survécu, ayant bénéficié d'une indispensable et considérable restauration.

Id Aïssa et Aguelly

 

L'agadir qui domine Amtoudi et que l'on aperçoit immédiatement au-dessus de l'oasis se nomme Id Aïssa, ce qui signifie littéralement "la famille d'Aïssa", qui veut également dire "Jésus". On l'atteint, à pied, en 40 minutes. Evidemment, ça grimpe ! L'effort est récompensé à l'arrivée.

 

Daté du 12e siècle, ce site imprenable et ses tours de guet ont la réputation d'être le plus ancien agadir du Maroc. Resté en fonction très tardivement, jusqu'en 1956, Id Aïssa compte 73 cellules, utilisées comme chambres ou pour y stocker des vivres. Quatre-vingt personnes pouvaient y vivre. L'eau de pluie était récupérée par des canalisations et conservée dans des citernes. Une petite mosquée a été aménagée au-dessus de l'entrée.

Plus petit, mais encore plus impressionnant par sa vertigineuse localisation, le second grenier survivant se trouve à une dizaine de kilomètres plus loin. Suivez le guide si vous en avez le temps et l'intérêt ! Vous accomplirez ainsi une boucle qui vous ramènera à Amtoudi.

 

La patte de Salima  Naji

 

Ces deux igoudar (pluriel d'agadir) ont été restaurés d'heureuse manière grâce à la Franco-Marocaine Salima Naji qui a supervisé les travaux pour que ces restaurations soient réalisées dans les règles de l’art, suivant les méthodes traditionnelles et en particulier, ici, la pierre sèche de l'Anti-Atlas, comme elle l'a fait à Tiznit.

 

L'architecte-anthropologue a travaillé avec d’anciens maâlems locaux, dépositaires de ce savoir-faire ancestral, se fixant comme objectif de convaincre les plus jeunes d'apprendre ces techniques. Elle entend redoner confiance aux artisans qui doutent des matériaux locaux et des techniques ancestrales. Beaucoup de Marocains croient qu'avec la pluie, les constructions ne tiendraient pas. En réalité, affirme-t-elle, bien construites et bien entretenues, les structures durent plus longtemps que celles en ciment.

 

Eviter le mode de vie tout-ciment

 

Ce qui est essentiel, insiste l'architecte, "c'est qu'au Maroc, les traditions sont vivantes, en perte de vitesse certes, mais pas mortes comme ailleurs". En 2016,  Salima Naji avait profité de la COP22 organisée à Marrakech pour plaider en faveur d'"une autre architecture". Son combat : "Diffuser des alternatives à un mode de vie tout-ciment". D'après elle, les choses bougent, lentement: "J'ai vu des gens qui ont envie de changement dans ce pays, qui ont envie de quelque chose de beau, d'intelligent, quelque chose qui se tourne vers l'avenir, mais n'oublie pas le passé".

Regardez-la s'exprimer dans la vidéo ci-dessous.

 

En voir plus
 
 

A 3 h 45 du 
Jardin aux Etoiles par Tiznit.
 
 
​Le retour par Aït Mansour et Tarfraoute est absolument magnifique mais prend davantage de temps.
Il faut compter 7 heures !
 

                   Additional information about the riad : 0041 79 240 26 32