Paysage formidable

Paysage formidable

Photo Extrem'Sud

Rucher de terre et de pierre.

Rucher de terre et de pierre.

Photo musée_du_miel / Flickr

Centaines de cases, une en activité.

Centaines de cases, une en activité.

Photo Michel Terrier.

Cases et piliers de bois

Cases et piliers de bois

Photo Michel Terrier

Ruche encore en activité

Ruche encore en activité

Photo Michel Terrier

Inzerki, plus grand rucher traditionnel du monde

 

​Considéré comme le plus grand rucher traditionnel du monde, et sans doute le plus ancien, le rucher d'Inzerki est un trésor du patrimoine berbère. Il est pourtant demeuré un but d'excursion confidentiel. L'aménagement actuel date du milieu du 19e siècle. Construit en terre, en pierre et en bois, le "taddart" d'Inzerki a été presque totalement détruit dans les années 90. Reconstruit en 2005, il n’abrite plus que très peu de ruches en activité dans les centaines de casiers qui le composent. Brahim, le gardien, vous y accueillera.
 

Selon Gooogle Maps, il faut compter 2 heures 50 de route pour se rendre du Jardin aux Etoiles à Inzerki, en sortant de la route nationale qui mène à Marrakech par Tazarine.

 

Construite sur le rocher du même nom, d'où l'on jouit d'une vue panoramique englobant le lac du barrage Abdelmoumen, l'auberge Zolado constitue un point de chute idéal, dominant la route nationale. On peut y manger, soit à midi, soit même le soir. Prévenir la veille (numéro de téléphone et adresse courriel ci-dessous).

 

Un chemin plus court

 

Il existe toutefois un chemin plus court. Il faut sortir de la route nationale un peu plus loin, à Argana, sans toutefois qu'un panneau qui serait utile n'indique la direction d'Inzerki, puis emprunter le chemin qui passe sous l'autoroute.

 

La piste est assez roulante, mais n'est pas reconnue par Google Maps, ce qui explique l'itinéraire par Tazarine. Un 4 x 4 n'est pas indispensable, sauf s'il a plu durant les jours précédents, ce qui rend la terre de l'Atlas molle, donc dangereuse. La prudence est néanmoins recommandée. Après 10 km, un panneau en mauvais état indique le site. 

 

Quel que soit votre itinéaire, le parcours est superbe : terre rouge foncé, végétation luxuriante, douars typiques, djebels impressionnants. A l'arrivée, stationner son véhicule en contrebas de la route. La maison du gardien, Brahim Chtoui, se situe à quelques centaines de mètres. Il est recommandé de le prévenir de votre visite avant d'entreprendre le déplacement.

 

Un miel d'une qualité très recherchée

 

Brahim explique volontiers l’histoire, le fonctionnement du rucher, ainsi que les plantes et fleurs de la région. 

 

Depuis des temps immémoriaux, un groupe important d'apiculteurs berbères a pratiqué l’apiculture de manière nomade. Les ruches étaient déplacées au gré des floraisons, des sécheresses et de l’altitude, afin qu'elles soient propices au travail des abeilles. La quantité de la récolte était ainsi accrue. Le miel produit atteignait une qualité très recherchée. 

 

Le fait de se regrouper chaque année au même emplacement incita ces apiculteurs à rassembler leurs ruches et à créer un lieu permanent. On peut établir un parallèle entre ces ruchers collectifs et les agadirs (igoudar au pluriel), que l'on trouve nombreux dans l'Atlas et l'Anti-Atlas proches, comme ceux d'Imchguiguiln et d'Ikounka ou encore celui d'Amassa. Ces greniers collectifs fortifiés étaient destinés à protéger l'existence des populations berbères, leurs récoltes, les petits troupeaux et même les abeilles des incursions des tribus voisines et des voleurs.


Jusqu'à 3'000 ruches

 

A Inzerki, quelque 80 familles disposaient de cases, divisées chacune en quatre étages de dimension égale, avec un espace libre, un peu plus  grand, situé au-dessus. L’espace du dessous et celui du dessus servent à la ventilation et à l’écoulement de l’eau de pluie.

 

L’essaim d’abeilles est placé dans une ruche qui a la forme d’un long cylindre, fait de roseau tressé ou d'écorces. Les extrémités sont bouchées par un disque de bois de palmier ciselé comportant des symboles d'identification correspondant à chaque propriétaire. Un petit trou est aménagé pour l’entrée et la sortie des insectes. Un seul de ces cylindres est placé par étage, en quinconce, ce qui donne trois ruches par case.

 

Quand le cylindre est rempli de miel, l’apiculteur débouche l’avant et colmate entièrement la cellule, donnant un nouvel espace où les abeilles peuvent développer les rayons. L’étanchéité des cylindres et de la ce