Plage d'Anza :  empreintes rares de dinosaures 

De spectaculaires et rares empreintes de dinosaures ont été découvertes sur la plage d'Anza, quartier du nord d'Agadir, à une heure de route de notre villa, sur la route d'Essaouira. Identifiées en 2013 et, pour les dernières d'entre elles, en 2015, elles sont facilement accessibles. Elles se trouvent sur des rochers qui affleurent à la surface, sur une distance de 300 mètres environ. Le site est le plus important du genre au Maroc. A visiter à marée basse et de préférence entre les mois de février et août, lorsque le sable ne recouvre par les empreintes !

La tradition populaire en faisait des traces déposées par des cigognes... La vérité a éclaté en 2013, lorsque une houle particulièrement forte a frappé la façade atlantique et a dégagé plus de 200 empreintes, en grand nombre et en excellent état de préservation. 

 

Des équipes de scientifiques tant marocaines qu'étrangères les ont rapidement identifiées : il s'agit de traces de dinosaures bipèdes qui ont laissé des cheminements de pas tridactyles, c'est-à-dire formés de trois doigts pointant vers l'avant.

 

Ces géants étaient en majorité des théropodes carnivores et des ptérosaures (voir illustrations ci-dessus).

 

Parmi les dinosaures les plus effrayants

 

Les théropodes figurent parmi les dinosaures les plus effrayants. Les allosaures et les tyrannosaures en font partie. Ils ont vécu durant 230 millions d'années, jusqu'il y a 66 millions d'annnées. Les ptérosaures, eux, étaient des vertébrés volants. 

 

Selon les experts, les dinosaures dont on a retrouvé les traces de pas vivaient à Anza il y a 85 millions d’années, à l’âge du crétacé supérieur, et plus exactement du santonien. Enseignant-chercheur rattaché au Laboratoire de géologie appliquée au sein de la Faculté des sciences d’Agadir, Moussa Masrour souligne qu'il s'agit du seul site rocheux du Maroc comportant des empreintes remontant à cette ère géologique. C'est même l'un des rares en Afrique et même au monde.

 

La présence de traces de pas d'animaux très différents sur une surface relativement restreinte contribue à faire du Géoparc d'Anza un site de très grand intérêt. Il s'agit en outre du plus long site de traces de dinosaures du Royaume. Les dinosaures ont imprimé leurs traces sur au moins six niveaux de couches de grès calcaires légèrement inclinées. On peut ainsi identifier plusieurs cheminements.

 

En 2015, une équipe de scientifiques américains a identifié des traces supplémentaires, et en particulier un fossile de tortue géante très reconnaissable.

 

Deux autres sites non loin d'Agadir

 

Le Maroc est riche en sites liés aux dinosaures, dont celui de Tazouda (Toundoute).

 

La région d'Agadir en compte un, exploré par les scientifiques au milieu du XXe siècle et sis à l'est de la ville, dans une zone située entre l'oued Tamrarht et Amskroud, au nord. 

 

De  plus, les travaux de construction de la route Agadir-Marrakech ont mis au jour des traces importantes près d'Argana, entre Imi n'Tanout et Agadir.

 

Site non protégé

 

Le grand problème du Géoparc d'Anza réside dans le fait que le site, déjà très fréquenté par les baigneurs, est exposé à la destruction et aux dégradations humaines : vol et pillage. On a même vu un camion de la Ville d'Agadir venir y décharger des gravats...

 

Aux risques humains s'ajoutent des risques naturels : l'éroson et la salinité des eaux marines, de nature à détériorer la qualité des traces. 

 

Une action de sensibilisation envers la population riveraine devrait contribuer à préserver ce patrimoine géologique unique et irremplaçable. Seul un gardien, nommé Samir Benteyane, veille bénévolement à la protection du site.

 

Passionné par la découverte intervenue dans sa petite ville, ce jeune Berbère vous accueillera de manière très cordiale et enthousiaste. N'hésitez pas à engager la conversation avec lui. Il vous fournira toutes les informations qu'il détient. Mais détrompez-le s'il lui arrive de risquer l'hypothèse que des humains ont côtoyé ces dinosaures ! Si des mammifères ont vécu avec ces monstres, l'homme n'est apparu sur Terre que bien, bien, bien longtemps après.

 

Attention : c'est à marée basse que les empreintes sont les mieux visibles !

 

Pas encore de valorisation

 

L’Association marocaine pour l’orientation et la recherche scientifique (AMORS) à Anza a fait installer un panneau pour informer les visisteurs de l'intérêt du site, qui relève, légalement, du domaine maritime.

 

Plus largement, l'écho suscité par les découvertes de 2013 et de 2015 n'a jusqu'ici pas engendré de soutien national au-delà du cercle des scientifiques intéressés. L'Université Ibn Zohr d'Agadir entend toutefois valoriser les traces de ces reptiles d'un autre âge, en établissant des moulages et des fiches descriptives, afin de promouvoir Anza d'un point de vue scientifique et touristique.

 

Des installations destinées à mettre en valeur le site sont envisagées. La princesse Lalla Salma, épouse du roi Mohammed VI, s'est engagée dans ce sens. La Faculté des sciences veut organiser un séminaire, publier dans une revue scientifique les résultats des études entreprises et réaliser une cartographie détaillée en trois dimensions des empreintes.  Il y a encore beaucoup à faire.

En mai 2018, les autorités marocains s'y sont livrées à une drôle de concurrence : un ministère entendait protéger le site en le classant et un autre y ouvrait la porte à la construction d'un parking.

 

Les découvertes d'Anza suscitent la visite d'équipes scientifiques, marocaines, mais aussi espagnoles, allemandes et américaines. Rendez-vous y alors que le site est encore ouvert à la visite ! Attention toutefois : veillez à ne pas vous tordre un pied ou à chuter. La prudence est de mise. 

 

Entrée sur le site gratuite. Possibilités de parking à proximité.

Numéro de téléphone : +212 661 997 987

Courriel  : amors.org@gmail.com

 

 

En une heure depuis le Jardin aux Etoiles.
Google Maps indique deux variantes.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Renseignements complémentaires sur le riad  : +41 79 240 26 32