L'avenir de la merveilleuse Médina de Coco Polizzi à Agadir assuré, grâce à la main publique

Mis à jour : nov. 15


C'est un bijou architectural et un hymne à l'art de la construction berbère de la pierre. Aménagée dès 1992 à Agadir, dans le quartier de Bensergao, sur un terrain forestier, à proximité du Palais royal, la Médina de Coco Polizzi arrive à la fin des ennuis judiciaires qui ont freiné son exploitation. Elle avait toutefois continué d'être ouverte de manière ininterrompue aux visiteurs.


Ayant accumulé les dettes, la Médina avait été placée en liquidation judiciaire en 2016. Mais ses difficultés remontent à plus loin dans le temps.

La beauté des lieux, qu'on peut admirer en visionnant la vidéo ci-dessus, n'y a rien changé. La Médina connaissait depuis 2009 déjà une procédure collective de redressement judiciaire. Un an plus tard, le Tribunal de commerce mettait en place un plan de continuation et désignait l’entreprise «La Médina Coco Polizzi» pour le réaliser. Un contrat de location à gérance libre de 150'000 dirhams par mois (environ 14'000 €) était signé pour payer les créanciers. Hélas, cet engagement n’a pas été respecté. D'où la procédure engagée en 2016.


17,5 millions de dirhams votés par le Conseil régional

Le 1er juillet 2019, malgré des critiques, et afin d'assurer l’acquisition de la Médina Coco Polizzi, le Conseil régional de Souss-Massa présidé par Brahim Hafidi (RNI, à droite sur la photo ci-dessus) a voté un crédit de 17,5 millions de dirhams (1,5 millions d'euros environ), destiné à quintupler le capital de la Société de développement régional du Tourisme (SDRT), qui passe ainsi à 21,4 millions de dirhams. La SDRT comprend aussi comme actionnaires le ministère du Tourisme, celui de l’Intérieur, la Commune urbaine d’Agadir et les Chambres régionales du commerce et de l’artisanat.


Début décembre 2019, le Tribunal de commerce d'Agadir a statué en faveur de l'achat envisagé, mettant fin à une complexe procédure judiciaire dont le Maroc a le secret. Sauf que, par l'une de ces complications dont la justice marocaine est coutumière, on attend encore un jugement du côté de Marrakech... Allez savoir pourquoi, aucune information n'ayant été fournie à ce sujet...


30 % seulement de la capacité exploitée

La Médina désormais en mains publiques est sauvée. Comment fonctionnera-t-elle ? Selon le directeur de la SDRT désormais propriétaire de la Médina, Abdelkrim Azenfar, la promotion et le développement seront assurés par la SDRT elle-même.


Quant à Coco Polizzi (photo ci-dessus), à qui Agadir doit la réalisation de ce site unique, il est prévu qu'il prenne en charge la direction artistique, malgré son âgé avancé.


Sur fond de redevances jugées trop élevées, un long différend était apparu entre la Médina et les artisans qui avaient été appelés à en animer les ruelles. De sorte qu'uniquement 17 des 241 boutiques potentielles sont actuellement exploitées, ce qui représente une proportion de 7 % seulement.


Si l'on tient compte du restaurant, qui n'est et de loin pas irréprochable, actuellement seuls 30 % de la capacité de la Médina sont exploités. Celle-ci génère néanmoins un chiffre d’affaires d’environ trois millions de dirhams par an (moins de 300'000 €). Le président du Conseil régional de Souss-Massa met donc en évidence la marge de progression existante.


Image et attractivité


Une étude de faisabilité avait d'ailleurs été effectuée par la SDRT avant que la proposition de l’acquisition ait été présentée et acceptée. C'est toutefois la première fois qu’une entité publique prend la décision d’investir pour sauver une entreprise.


Mais il en allait de l'image et de l'attractivité d'Agadir. Nécessité, parfois, fait loi.

Renseignements complémentaires sur le riad  : +41 79 240 26 32

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