Un Suisse vient en aide aux enfants abandonnés en raison d'une obscurantiste coutume marocaine

Mis à jour : janv. 4


Photo https://www.atlas-kinder.org/fr/

C'est une très belle histoire de début d'année. Le site marocain d'information H24 rapporte qu'un retraité suisse a effectué un don de deux millions d'euros pour l'aménagement d'un village destiné à recueillir une centaine d’enfants abandonnés en raison de l'obscurantiste coutume marocaine visant à ostraciser les mères célibataires et leur enfant. Le village des Enfants de l'Atlas se nomme Dar Bouidar et se trouve sur la commune de Tahannaout, à une quarantaine de kilomètres au sud de Marrakech. Depuis Le Jardin aux Etoiles, on peut y accéder en s'octroyant une journée magnifique par le tizi'n Test.


Cet homme au grand coeur se nomme Hansjörg Huber. Son prénom n'est pas Hubert, même si beaucoup l'appellent Monsieur Huber. Dans la vidéo ci-dessus, il explique que sa volonté d'aider des enfants remonte à très loin dans le temps.


Dès 2013


Né à Zurich, auparavant entrepreneur dans les assurances, il est installé dans la région depuis 2008. Avec l'aide de sa compagne, il a réalisé sa vision : là où il n'y avait rien, il a créé un village entier dédié aux enfants abandonnés. La construction du village a commencé en 2013 et, deux ans plus tard, les premiers enfants y étaient accueillis.


Pour finaliser l'opération, Hansjörg a investi la moitié des liquidités de son patrimoine, soit deux millions d'euros. Le généreux Suisse dit avoir dépensé cet argent"avec beaucoup de joie". Il a amené ses trois fils sur place, et les a informés qu'il allait donner un autre sens à la moité de leur héritage.


Une petit croix suisse sur sa casquette


Hansjörg ajoute : "La seule chose qui me reste de la Suisse c’est ma petite croix sur la casquette. Mon coeur est marocain!". Il dit avoir trouvé à Dar Bouidar des valeurs immatérielles dont il ressent quotidiennement la valeur. "Je suis l’homme le plus heureux de la terre. Je suis papa de 100 enfants, c’est magnifique, assure-t-il, le coeur, le respect, l’amour !"

L'objectif poursuivi par le village des Enfants de l'Atlas Dar Bouidar consiste à donner à ces enfants de l'amour, mais aussi une éducation, en vue de les guider dans leur vie de futurs adultes. Chacun d'eux est par exemple appelé à jouer d'un instrument de musique et à apprendre trois langues.


Un coût et un appel


Ces légitimes ambitions ont un coût. Elles nécessitent un encadrement et du personnel spécialisé, sans compter les dépenses d'exploitation d'un tel village.


De nombreux anciens responsables politiques marocains soutiennent les efforts du fondateur de Dar Bouidar. Mais cela ne suffit pas. C'est pourquoi Hansjörg Huber lance un appel à la disponibilité et à la générosité de tous ceux qui sont désireux de "mettre la main à la pâte sur place" ou bien de venir travailler avec les enfants ou encore d’envoyer un sac d'habits usagés. Voire, de manière encore plus ambitieuse, de financer une maison ou un nouveau village.  


Il existe de nombreuses façons de venir en aide financièrement aux Enfants de l'Atlas (en allemand Atlas Kinder)


D'autres formes de collaborations s'adressent aux stagiaires, bénévole et chefs d'entreprise


Un ostracisme qui génère la honte


Au Maroc, officiellement, près de 10'000 enfants sont abandonnés chaque année, parfois au bord d'une route. En réalité, ils seraient bien davantage : plusieurs dizaines de milliers vraisemblablement, et cela année après année.


La plupart sont abandonnés par des mamans stigmatisées qui n’ont souvent aucune autre possibilité que l’abandon, après avoir subi viol, inceste ou promesse de mariage non tenue. Ainsi que le souligne Hansjörg Huber, aux yeux de la grande majorité des Marocains, une femme qui a mis un enfant au monde sans être mariée est considérée comme une prostituée. Cet ostracisme engendre la honte des familles, à tel point que le frère d'une mère célibataire, si cet état était connu, ne pourait lui-même pas se marier...

Pour un changement d'état d'esprit


Le village des Enfants de l'Atlas Dar Bouidar est là pour rappeler que cette vision archaïque de la société engendre beaucoup de malheurs. Mais aussi que les sublimes efforts de Hansjörg Huber ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan de l'enfance abandonnée.


Il faudrait bien d'autres villages du même type. Mais surtout un changement d'état d'esprit de la société marocaine, tiraillée entre tradition et désir de davantage de modernité, afin que les mères célibataires soient acceptées et bénéficient de droits et d'égards, à l'instar de toutes les mères marocaines. Et avec elles leurs enfants innocents.


Le gouvernement marocain compte bien un ministère des Droits de l'homme. Mais son titulaire, Mustapha Ramid, qui est membre du parti islamiste modéré PJD, est-il désireux de se battre pour faire évoluer la société marocaine vers la disparition de cette calamité ? L’article 490 du Code pénal marocain prévoit une peine de prison pour toute personne ayant eu des relations sexuelles hors mariage et un recours à l’avortement. C'est sans doute l'abrogation de cet article que les hommes et les femmes politiques les plus courageux doivent demander.


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Renseignements complémentaires sur le riad  : +41 79 240 26 32

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