Un arganier, symbole de fraternité, offert au pape François lors de sa visite au Maroc

Mis à jour : févr. 11


Lors de la visite qu'il entreprendra au Maroc le samedi 30 et le dimanche 31 mars, le pape François recevra un cadeau symbolique : un arganier. Selon des sources à l’archevêché de Rabat, rapporte l'agence espagnole EFE, ce don a été choisi parce que l’arganier est considéré comme "un symbole de fraternité", que l'on peut rapprocher de la branche d’olivier, symbole de paix dans la chrétienté.

Ce cadeau est aussi, en quelque sorte, un hommage à la terre marocaine. Arbre endémique du Sud du Royaume, qui pousse dans un triangle entre Essaouira, Aoulouz et Tiznit, l'arganier a été longtemps sous-estimé, alors qu'on extrait de ses amandons une huile extraordinaire.


Le bois de cet arbre a aussi été exploité et détruit sur une vaste échelle, pour la la construction et le bois de feu.


Mais tout a changé lorsque les hautes qualités de l'huile d'argan ont été scientifiquement prouvées, tant comme cosmétique que dans son emploi culinaire. Nous y consacrons une page spéciale.

Un second cadeau

Durant la messe géante prévue le 31 mars au complexe sportif Prince Moulay Abdallah de Rabat, la pape François recevra un second cadeau : une sculpture en bronze représentant ‘Jésus portant la croix’.


Créée par l’artiste tunisien Sahbi Chtioui, installé au Maroc, cette oeuvre est chargée symboliquement. L'artiste et ceux qui ont collaboré avec lui sont en effet tous des artisans musulmans”.


Invitation de Hassan II puis de son fils Mohammed VI


Agé de 81 ans, le pape François se rendra à Rabat et à Casablanca, près de trente-quatre ans après la visite de Jean Paul II dans le Royaume.


Le pape polonais, canonisé entre-temps, avait été invité en août 1985, par le roi Hassan II, père de l’actuel roi Mohammed VI. Premier chef d’Etat d’un pays arabe à inviter un pape, Hassan II avait ensuite été reçu au Vatican en novembre 1991.


Cette fois-ci, le pape François se rend au Maroc à l'invitation de Mohammed VI, "commandeur des croyants" et, selon la tradition, comme tous les rois du Maroc, descendant en ligne directe du prophète Mohammed, mais aussi grand artisan de l'ouverture du Maroc sur la modernité, sans renier la tradition.


Artisan du dialogue avec les autres religions, François s’est déjà rendu plusieurs fois dans des pays musulmans : au Proche-Orient et en Turquie en 2014, en Azerbaïdjan en 2016 et en Egypte en 2017.

Totale liberté, mais...


Au Maroc, où l’islam est religion d’Etat, les chrétiens étrangers jouissent d’une totale liberté et sont protégés par les autorités. C'est le cas par exemple à Agadir. Lors des principales fêtes chrétiennes, des forces de l'ordre prennent position devant l'église Sainte-Anne où les fidèles se rassemblent.


Mais les Marocains de confession chrétienne, dont le nombre est évalué à quelques milliers, doivent vivre leur foi discrètement. Les conversions sont mal comprises et mal vues.


Car si le fait de renoncer à l’islam n’est pas explicitement mentionné dans le Code pénal, ceux qui le font risquent jusqu’à trois ans de prison s’ils sont soupçonnés de chercher à "ébranler la foi d’un musulman" ou à le convertir.


Un inénarrable ministre


Les minorités religieuses représentent moins de 1 % de la population du Royaume, qui reste majoritairement musulmane sunnite de rite malékite.


En juin 2018, le ministre d’Etat chargé des droits de l’homme, l’inénarrable islamiste Mustapha Ramid, avait mis en garde contre la "menace" que la liberté de conscience ferait peser sur la "cohésion" du Maroc.


Comme quoi, lorsqu'un obscurantiste s'exprime, qui plus est en charge d'une fonction officielle, le Maroc n'en sort pas toujours grandi...

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