Dar El Baroud, palais inoccupé de Taroudant, aura-t-il un jour une destinée utile voire de prestige?

Mis à jour : févr. 22


C'est le plus imposant bâtiment intra muros de Taroudant. Dar El Baroud, dont les fondations les plus anciennes remonteraient au 16e siècle, est principalement propriété du prince Moulay Hicham, cousin du roi Mohammed VI. Mais, depuis de nombreuses années, il est à l'abandon. Il pourrait pourtant avoir une destinée utile, voire de prestige, afin, par exemple, d'illustrer l'histoire exceptionnelle de Taroudant, sous la forme d'un grand musée moderne que mériteraient mille fois ces lieux deux fois millénaires.


Dar el Baroud signifie littéralement "maison de la poudre". Cette appellation, qu'on trouve dans toutes les villes anciennes du Maroc, désigne l'arsenal où l'on entreposait les armes et les munitions tellement utiles en ces temps troublés.

Jetons-y un oeil...


La structure du bâtiment est robuste; on ne peut que la deviner de l'extérieur. Toute visite de l'intérieur est en effet interdite, ce que regrettent beaucoup de visiteurs. Cette mise à ban n'exclut pas de jeter un oeil curieux depuis la rue.


Dar El Baroud se trouve dans la cité intra muros, juste après Bab Selsla, double porte située entre le Palais Salam et la place du 20-Août et sa fontaine géante.


Ainsi que le montrent nos images ci-dessus, l'architecture est magnifique, mais le puissant bâtiment est quelque peu délabré. Une remise en état s'imposerait. On y voit des décorations berbères sur les murs, à l'exemple de la kasbah de Taliouine.


Dans la cour poussent des palmiers et des jacarandas d'une taille respectable, témoignages d'un passé lointain. Dar El Baroud fut aussi la demeure du caïd de Taroudant.


Du temps où Taroudant était la capitale du Maroc...


Les éléments les plus anciens de Dar El Baroud remonteraient donc au 16e siècle et à la dynastie des Saâdiens, sous laquelle Taroudant connut sa période la plus glorieuse. Désignée capitale du Maroc, la cité fut fortifiée par l'émir Mohamed cheikh Saâdi.


Cinq portes voûtées d’architecture mauresque furent alors aménagées. A son apogée, Taroudant s'éleva au niveau de villes comme Fès et Marrakech.


La ville servait à rassembler les forces saâdiennes et les tribus du Souss afin de lutter contre l’occupation du littoral marocain tenu par les Portugais. Agadir se nommait alors Santa Cruz du Cap Ghir.


Une nouvelle vie ?


Aujourd'hui, Dar El Baroud est censée être hantée par les fantômes des ouvriers qui l'ont construit, massacrés pour protéger le secret du bâtiment. Plutôt que la survivance de telles croyances, on préférerait une initiative forte en vue de redonner vie à ce palais.


Surnommé le "Prince rouge" en raison de son engagement pour une démocratisation du régime politique marocain, Moulay Hicham écouterait sans doute les autorités locales si celles-ci lui présentaient un projet crédible de réhabilitation de Dar El Baroud.


Que faut-il pour ouvrir la boîte aux idées ?

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