Agadir : balade à la découverte des immeubles modernistes de l'architecte Jean-François Zevaco

Mis à jour : juin 8


Plan : agadirmonuments.com

Agadir a été reconstruite à la suite du tremblement de terre meurtrier du 29 février 1960. L'idée principale consistait à en faire une ville nouvelle à l'architecture moderniste. Le Corbusier vint sur place, ne réalisa rien, mais inspira tout. C'est finalement l'architecte français Jean-François Zevaco qui laissa sa signature entre l'ancienne kasbah et l'oued Souss.


L'architecture moderniste est parfaitement reconnaissable à Agadir et en est devenue une composante essentielle. Elle doit tout à ce génie que fut Le Corbusier. Né Charles-Edouard Jeanneret à La Chaux-de-Fonds (Suisse), celui-ci fonda son oeuvre sur cinq caractéristiques.


Il s'agissait du pilotis, qui fait du rez-de-chaussée un espace dégagé, du toit-terrasse, qui sert de solarium ou de jardin, des poteaux-dalles en acier ou en béton armé et de la fenêtre en longueur auxquelles elles donnent naissance, et finalement des murs légers et des baies indépendantes de la structure.


Des bâtiments qui ont vieilli


Disciple du Corbusier, Zevaco appliqua ces principes avec régularité et constance. Utilisant en masse le béton brut, glissant parfois un clin d'oeil au patrimoine berbère, sous la forme de petites cases symbolisant celles des greniers fortifiés, ces bâtiments ont vieilli, souvent assez mal.


Il reste que, 50 ans après leur construction, ils constituent un témoignage d'une époque charnière de la ville.


Des villas en bande à la Poste centrale

Un itinéaire sur les pas de Jean-François Zevaco a été créé pour les découvrir. Le point de départ se situe au nord-est de la mosquée du Liban (mosquée Loubnan), également appelée Mohammed V, la plus importante d'Agadir.


En plein quartier Talborj, le promeneur découvre les villas en bande de Zevaco, qui lui valurent le Prix Aga Khan, ses villas à patio, puis le collège Souss Alima.


L’itinéraire conduit ensuite jusqu'au Marché central (à ne pas confondre avec le souk El Had), qui n'abrite plus guère de commerçants, et est devenu bien sombre, puis à la cité administrative. Ces deux bâtiments ont été inspirés par Zevaco mais conçus par d’autres architectes.

La promenade se poursuit par l’Hôtel de ville, signée Emile Duhon, et par la Poste centrale, qui est une oeuvre marquante de Zevaco. On continue en longeant l’immeuble D. La balade se termine à la caserne des pompiers que le Français a également imaginée.


Rafraîchissement


Agadir a-t-elle une âme ? Si c'est le cas, et nous inclinons à le penser, elle réside dans ces bâtisses dépouillées, caractéristiques des années 60, qui mériteraient bien un rafraîchissement, afin qu'elles retrouvent leur éclat d'antan.


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Renseignements complémentaires sur le riad  : +41 79 240 26 32

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