Le jour où Winston Churchill, Aristote Onassis et la Callas ont débarqué à Agadir...

Mis à jour : févr. 15


C'était au matin du 27 février 1959, un an avant le tremblement de terre du 29 février 1960. Le héros de la Seconde Guerre mondiale sir Winston Churchill, qui avait quitté le pouvoir quatre ans plus tôt, débarquait à Agadir, à l'occasion d'une escale du "Christina", célèbre yacht de l'armateur grec Aristote Onassis à bord duquel voyageait également son épouse Clementine.


Les autorités marocaines reçurent l'ancien premier ministre britannique avec les honneurs dus à son rang. Les Forces armées royales firent une haie d'honneur à l'illustre visiteur, alors que sur sa coolline la kasbah était encore intacte et éclatante de blancheur. Le Vieux lion, lui, avait 85 ans et s'appuyait sur une canne.


Les honneurs furent rendus au débarcadère. Le célèbre visiteur d'un jour et sa suite se rendirent à la Kasbah, puis à Talborjt, en Ville nouvelle, au Quartier industriel et au Quartier des Dunes. Le "Christina" leva l'ancre vers 17 h 30 alors qu'Aristote Onassis et quelques-uns de ses invités se dirigèrent vers Essaouira par la route, avant d'embarquer à nouveau sur le "Christina" le lendemain.


Le dépit de la diva grecque


C'est lors de cette croisière que Maria Callas et Aristote Onassis commencèrent leur extraordinaire romance. L'ombrageuse cantatrice fit toutefois éclater son dépit quand, dans le théâtre antique d'Epidaure, elle se rendit compte que les fleurs qui ornaient ces lieux célestes étaient destinées non pas à la diva grecque qu'elle était, mais au vainqueur de la Seconde guerre mondiale.


La Callas est méconnue du Marocain moyen. Près de 40 ans après sa disparition, son aura subsiste toutefois intacte auprès des visiteurs étrangers. C'est sans doute pourquoi une des suites d'un délicieux riad d'Essaouira porte son nom et une autre celui d'Onassis


Le plus beau paysage du monde


Churchill était aussi un artiste et un aristocrate iconoclaste. En 1935 déjà, il peignait les palmiers et les cyprès d'un flamboyant talbeau intitulé "Sunset over the Atlas Mountains” (photo ci-dessus) depuis son balcon de la Mamounia à Marrakech. Dans une lettre assez émouvante adressée à Clementine Churchill, il raconte qu'il a devant lui le plus beau paysage du monde et qu'il aimerait tant que sa femme soit à ses côtés. Le palace marrakchi garde la trace de Churchill : ici aussi, une suite porte son nom.

En 1943, alors que les combats de la Seconde guerre faisaient rage, le vieux Lion fit partager sa passion du Maroc au président américain Franklin D. Roosevelt lors de la conférence de Casablanca. Son amour du Maroc ne se démentit pas. Presque 20 ans plus tard, en 1960, il fut une dernière fois accueilli avec les honneurs à l'aéroport de Marrakech.

151 vues

Renseignements complémentaires sur le riad  : +41 79 240 26 32

google223a4169dbd5a715.html