Le dragonnier de Malaga retrouvé au Maroc sur le djebel Imzi


Dragonnier au Jardin botanique de Malaga - Photo Jean-Luc Vautravers

Visitant en 2004 le jardin botanique et tropical de la belle ville de Malaga, en Andalousie, j'étais tombé en arrêt, admiratif, devant l'arbre ci-dessus, un dragonnier à l'allure de grand parasol, dont on m'avait dit en Espagne qu'il était rare et exotique. Accompagné d'une luciole géante ;-) dont je vous reparlerai un jour, car c'est aussi une histoire extraordinaire, j'avais eu le coup de foudre pour cet arbre foisonnant.

Photo Jean-Luc Vautravers

J'en avais fait plusieurs photos, dont celle-ci, prise du dessous de cet énorme bouquet de branches et de feuilles rappelant certains palmiers. J'avais même emporté des graines en Suisse, sans aucun succès, bien entendu...

Quelle ne fut pas ma surprise, et mon plaisir, d'apercevoir l'autre jour cette photo représentant un fort beau groupe de dragonniers sur le site de la ville d'El Jadida. Mieux, par la même occasion, j'ai appris que le dragonnier, qui a ses racines aux Iles Canaries, dont il est l'un des symboles, est répandu également dans l'Anti-Atlas, à proximité d'Agadir ! Quand je lis cela, je me dis que ce n'est décidément pas tout à fait un hasard si mes pas m'ont conduit jusqu'à Sidi Boumoussa et au Jardin aux Etoiles...

La preuve de la sous-espèce marocaine du dragonnier, nommée dragonnier Ajgal, la voici ci-dessus : cette photo a été prise par L.-M. Preau sur les flancs du jebel Imzi, à l'est de Tiznit, dans la province de Tafraout. Cette découverte scientifique n'a été faite qu'en 1996.


Les Berbères (Imazighen) utilisent cet arbre depuis la nuit des temps ! Les Romains le connaissaient paraît-il déjà. Sa sève, appelée "sang du dragon", a servi à colorer des peintures rupestres millénaires. Quant aux troncs, ils sont traditionnellement évidés pour devenir des ruchers. Depuis 1998, le site est d'ailleurs candidat à l'inscription au Patrimoine mondial de l'Unesco, sous l'appellation "Aire du dragonnier Ajgal".


On trouve aussi des dragonniers dans les îles du Cap Vert, au Yemen et dans la Corne de l'Afrique. Les fleurs n'apparaissent qu'après 10 à 15 ans de croissance, créant par la suite les branches si typiques du dragonnier.

Aux Iles Canaries, la légende attribuait aux dragonniers un âge canonique. Au 18e siècle, le botaniste allemand Humbold découvrit sur l’île de Tenerife un spécimen qu'il estima avoir 2'000 ans ! Au même endroit, le dragonnier ci-dessus constitue une curiosité unique. Il est appelé "drago milenario" mais ne dépasserait en réalité pas les 400 ans. Ce qui n'est tout de même pas mal, si l'on songe qu'il est contemporain d'Henri IV, le Vert galant, et si on compare sa hauteur avec la taille de la voiture que l'on aperçoit à droite !


N'en jetez plus !


On a établi il y a peu de temps que les dragonniers filtrent avec brio les matières toxiques : toluène, benzène, xylène, monoxyde de carbone et trichloréthylène ! N'en jetez plus, je vais me précipiter pour acheter des graines par Internet ou, mieux, parce que je n'ai guère envie d'attendre des décennies, je compte sillonner le djebel Imzi ou faire la tournée des pépinières du Souss, afin de compléter le jardin arabo-andalou en cours de création au Jardin aux Etoiles !



Une découverte arrivant rarement seule, il se révèle, toujours par la grâce d'Internet, qu'une espèce nouvelle de plante (ci-dessus), inconnue jusqu'ici au bataillon, a été identifiée sur le même djebel Imzi, la linaria. On doit cet enrichissement botanique à l'Espagnol Francisco Gomiz.


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Renseignements complémentaires sur le riad  : +41 79 240 26 32

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