Winston Churchill, l'amoureux du Maroc et l'artiste qui flambe dans les salles aux enchères

Mis à jour : nov. 18


Héros de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill était habité par une passion : la peinture. La valeur de ses toiles atteint des niveaux très élevés. Aujourd'hui même, chez Sotheby’s à Londres, une de ses compositions représentant une bouteille de Johnnie Walker Black Label, son whisky préféré, a été adjugée 983’000 livres, soit un peu plus d’un million d’euros.


La nature morte "Jug with bootle" met non seulement en scène la boisson dont le grand homme faisait une consommation effrénée, mais aussi une bouteille d’eau-de-vie, un pichet et deux verres. Elle avait été mise aux enchères pour un montant, au départ, de 250’000 livres sterling (277’000 euros environ). C'est dire la plus-value prise par ce tableau peint au manoir familial de Chartwell, dans les années 1930. Cette oeuvre avait été offerte à l'Américain Averell Harriman, émissaire spécial du président Roosevelt en Europe dans les années 1940, puis ambassadeur en Union soviétique.

Amoureux du Maroc, Churchill a été séduit par de nombreux paysages du Royaume. En décembre 2006, son tableau "View of Tinghir" (première photo) avait déjà dépassé le million de dollars. La deuxième photo montre l'endroit supposé avoir inspiré "Le Vieux Lion". Churchill avait fait cadeau de cette composition au général américain George C. Marshall.


L'un des plus connues des huiles marocaines de Winston Churchill, "Sunset over the Atlas"(troisième photo), immortalisait un coucher de soleil depuis la Mamounia, palace aussi ancien que prestigieux de Marrakech. En 1935, l'homme d'Etat britannique écrivait à son épouse, Clementine qu'il avait devant les yeux le plus beau paysage du monde. Exactement 76 ans plus tard, son hommage à la ville ocre avait été adjugé, à Londres, pour 265'250 £, soit soit près de 300'000 euros, un prix un peu décevant pour une composition de ce niveau.

Dépressif, Churchill utilisait la peinture comme une thérapie. Il adorait prendre place devant son chevalet. Le voici sur la première image devant les murailles de Marrakech. La deuxième image montre comment il a restitué la Ville ocre, la Koutoubia et l'Atlas.


En 2011 à Londres, puis en 2013-2014, à la Mamounia, se tinrent des expositions rassemblant des toiles de Winston Churchill et de l’artiste-peintre marocain Hassan El Glaoui, fils aîné de l'ancien pacha de Marrakech, le célèbre Thami El Glaoui, tombé en disgrâce au retour de Madagascar du sultan Mohammed V. Hassan El Glaoui était lié à l'ancien premier ministre britannique par une reconnaissance éternelle. C'est en effet Churchill qui identifia le talent du fils aîné du pacha et convainquit ce dernier de laisser son fils suivre les beaux-arts.

Le plus extraordinaire dans la passion de Churchill pour la peinture fut qu'elle inspira pas moins de trois présidents américains. Ainsi le général Dwight D. Eisenhower, qui s'illustra sur les terrains d'affrontements de la Seconde Guerre mondiale avant d'être élu à la Maison-Blanche, s'adonna à l'art du pinceau. Il réalisa même en 1955 un portrait saisissant du héros britannique (première photo).


A l'âge de 66 ans, grand admirateur de Churchill, George W. Bush fut contaminé par la même passion. En 2017, il signa le portrait de l'homme au célèbre cigare que l'on voit sur la deuxième image. Churchill lui-même s'adonna au genre de l'autoportrait (troisième image). Avec une réussite certaine ! Quel homme ! Quel homme aux facettes multiples...


Agadir se souvient du vainqueur de la Seconde Guerre Mondiale, lui qui débarqua au pied de la Kasbah un an exactement avant le funeste tremblement de terre de 1960.

Renseignements complémentaires sur le riad  : +41 79 240 26 32

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