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A Taroudant, Marc, un prêtre comme on les aime !

Dernière mise à jour : 19 juil. 2023


La communauté francophone de la région de Taroudant a la chance de disposer non seulement d'une petite église catholique, mais aussi de la présence d'un prêtre comme on les aime, et qui est vivement apprécié de tous, croyants et non croyants, chrétiens et musulmans. Son nom ? Marc Helfer (photo Philippe Primard), prêtre Fidei donum, c'est-à-dire répondant aux appels des missions d'outremer, tout en restant attaché à son diocèse d'origine, en l'occurrence celui de Strasbourg.

L'église catholique de Taroudant, qui est plutôt une chapelle, et à laquelle on accède par une porte discrète, dans la médina (notre photo), a connu son heure de gloire, lorsque, dans les années 2000, Bernadette et Jacques Chirac séjournaient régulièrement à la Gazelle d'Or et se rendaient fréquemment, pour l'office, à l'église de Taroudant. Jacques Chirac n'est plus. Le curé de l'époque de Taroudant, Bernard Gonnet, a lui aussi quitté cette terre, en 2014, laissant le poste vacant durant trois ans.

Ayant découvert le Maroc avec enthousiasme, et ayant fait connaître son intérêt pour assumer une tâche ecclésiastique dans le Royaume, Marc Helfer, ordonné prêtre en 1984, se voit alors proposer la cure de Taroudant par l'évêque de Rabat, qui siège à la cathédrale Saint-Pierre (photo). Dans un entretien publié par le magazine "Vin, cuisine, jardin", dont ce message s'inspire, il a expliqué qu'il voulait à sa manière "œuvrer pour le dialogue inter-religieux entre chrétiens et musulmans". Auparavant, cet homme généreux dans l'effort avait exercé en tant qu'aumônier de prison dans l'Est de la France, d’où il est originaire, créant une petite entreprise de réinsertion pour les anciens détenus.

A Taroudant, les francophones nomment Marc Helfer uniquement par son prénom, tant il leur apparaît comme un ami faisant partie de leur communauté, ce qui n'exclut pas le respect. Dans quelques jours, il contribuera à rendre hommage à Saïd, créateur du bivouac Igueldan, à la palmeraie de Tiout, trop tôt disparu. L'automne dernier, dans les paisibles jardins de la cure, notre homme, qui se définit comme un passeur de vie, a présidé une cérémonie œcuménique en mémoire de deux membres disparus de la communauté (notre photo).

Les nombreuses personnes rassemblées pour ce moment d'émotion ont été frappées par l'humanité, la modestie et l'ouverture aux autres qui se dégageaient des propos de Marc, alors que dans l'assistance se trouvaient des gens de toutes croyances... ou incroyances. Tout en délivrant un message en adéquation avec les Evangiles, jamais il n'a par exemple prononcé le mot "Dieu". Une réserve qui a sans doute fait davantage pour l'image de son Eglise à Taroudant que n'importe quelle déclaration vaticane.

Le jardin de la cure de Taroudant est renommé (photo Philippe Primard). D'une superficie d'un hectare, régulier, traditionnel, doté de longues allées droites qui se recoupent entre elles, il demande un entretien constant, auquel Marc ne rechigne pas, lui qui a réorganisé ce lieu de détente. Cet éden rassemble les variétés que l'on trouve dans le Souss : agrumes, bien entendu, grenadiers, jacarandas, palmiers, bougainvilliers, euphorbes. Un carré de cactées a été aménagé. La vigne donne un beau raisin sucré.


Pour contribuer aux coûts de cette magnifique surface verte, le curé de Taroudant organise des déjeuners mensuels ouverts aux Européens de Taroudant. De nature optimiste, il aimerait ouvrir le jardin au public, ce qui n'a pas pu se réaliser jusqu'ici. Il est toutefois possible de visiter cet exemplaire lieu de paix en lui téléphonant au 00212 673 66 29 05.

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