Tanger, paradis terrestre qui inspira le grand peintre Henri Matisse

Mis à jour : mars 13

Le Maroc, ses couleurs intenses, ses paysages et son architecture, ses habitants ont inspiré les plus grands peintres : Eugène Delacroix au 19e siècle, Jacques Majorelle au 20e, puis Salvador Dali (Tétouan, la colombe méconnue, possède un riche potentiel à développer) et Claudio Bravo. Sans oublier les artistes marocains eux-mêmes (voir Peintres du Maroc : magnifique palette de styles et de couleurs et Hassan El Glaoui auxquels on me permettra d'ajouter mon Coup de coeur pour l'oeuvre d'un artiste amazigh d'Agadir et Artiste française ou artiste marocaine ?). J'ai aujourd'hui envie de mettre Henri Matisse en lumière (c'est le cas de le dire).


Henri Matisse (ci-dessus son autoportrait) a séjourné à deux reprises au Maroc. Il résida à Tanger au début de l'année 1912 et durant l'hiver 1912-1913. On le voit aussi sur notre illustration cheminer au bord de l'océan.

L'influence de Tanger, "paradis terrestre" sur l'Atlantique et si proche de la Méditerranée, se révéla extrêmement féconde. Elle lui inspira 23 peintures, dont la plupart sont considérées comme des chefs-l'oeuvre, à l'instar de son tableau intitulé "Vue sur la baie de Tanger de la chambre 35 hôtel Villa de France, 1912" (partie supérieure de la composition). Cet extrait d'"Intérieur au violon" capte toute une ambiance, qui incita Matisse, natif du Pas-de-Calais, à simplifier sa peinture par des aplats de couleurs chaudes.

Le séjour marocain de Matisse donna à l'histoire de l'art plus de 60 dessins à l'encre et à la plume, eux aussi remarquables. Des Marocains furent immortalisés, sans doute sans s'en rendre compte une seule seconde ! "Zorah en jaune" se révèle d'une simplicité très expressive et ce "Rifain assis", fier et solennel, associe les Imazighen à la fête. Ces "Acanthes" (extrait de l'oeuvre) frisent l'abstraction absolue. Quelles teintes ! Commencé en 1911, ce pur chef-d'oeuvre ne fut terminé qu'à la fin du second séjour du peintre.

Précurseur du fauvisme, Matisse se rend compte à cette époque qu'il est en réalité davantage proche de Cèzanne que de Delacroix, cet autre amoureux du Maroc. "Les Marocains", qu'il peint en 1916, marquent l'entrée dans l'ère du cubisme. Cette toile faisait d'ailleurs partie de la célèbre exposition Matisse Picasso qui se tint au Grand Palais de Paris en 2002-2003.

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